Les humeurs du Bomber. De Charles Roos à Marc Coucke !

DIMANCHE, 7 JUIN 2020, 02:16 - Bomber
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OPINIONS

Il y a quelques jours, Wouter Vandenhaute est devenu le septième président du RSCA, une fonction à laquelle la plupart des personnages concernés se sont maintenus durant très longtemps.



Connaissez-vous le nom du premier président du Sporting ?
Si ce n'est pas le cas, rassurez-vous, plus aucun être vivant sur la planète ne fut son contemporain et seuls les passionnés d'histoire pourront vous le citer, il s'agit de Charles Roos. Il faisait partie de la vingtaine de copains qui décidèrent de créer un club de football dans la commune d'Anderlecht le 27 mai 1908.
Après trois années, le célèbre Théo Verbeeck, âgé d'à peine 23 ans, lui succéda pour un bail de 40 ans qui allait constituer le plus long règne à la tête du club.
Verbeeck est l'homme qui fera gravir tous les échelons nationaux au Sporting club anderlechtois. Habitué à « faire l’ascenseur » entre la première et la deuxième division dans les année 20, Anderlecht s'installera définitivement en D1 à partir de 1935. C'est sous son égide que les Mauves remporteront leur premiers lauriers de champion en 1947 en coiffant Berchem sur le fil grâce à un plus petit nombre de défaite. Ce premier titre, le Sporting ne l'aurait plus remporté quelques années plus tard puisque la formule évolua afin de décerner la couronne à l'équipe qui avait obtenu le plus de victoires. A sa mort, en 1951, c'est le vice-président Albert Roosens qui reprit les rennes.

Avec Roosens, le club évolua de l'amateurisme (au sens noble du terme) vers le professionnalisme. C'est sous sa présidence qu'éclora Paul Van Himst dont une anecdote précise que lorsqu'il répondit « footballeur » à l'employé communal qui lui avait demandé quelle était sa profession, celui-ci ne voulut pas le croire.
C'est lui qui ira chercher le Corse Pierre Sinibaldi qui offrira quatre titres au club dans les années soixante et qui le mènera à sa première finale européenne face à Arsenal.

En 1971, un certain Constant Vanden Stock reprend la présidence.
Si bon nombre de gens savent qu'il fut sélectionneur de l'équipe nationale de 1958 à 1968, rares sont ceux qui se souviennent qu'il fut directeur technique et même vice-président du Club Brugeois au cours de la saison 1968-1969. Critiqué pour le choix de Michel Pavic comme entraîneur, il quittera la Venise du Nord après un an.
Imaginez qu’il n'en ait pas été ainsi, c'est à Bruges que Constant aurait probablement investi et les Gazelles auraient pu devenir le meilleur club de Belgique et le premier à remporter une coupe européenne. Le destin des peuples et des hommes tient parfois à peu de choses ; un battement d'ailes de papillon pourrait dit-on bouleverser l'histoire de l'humanité.
Aucun supporter anderlechtois, digne de ce nom, ne peut ignorer le rôle crucial joué par CVDS durant 25 ans. Sous son règne, le Sporting deviendra un grand d'Europe, craint par les plus grands clubs internationaux, remportera dix fois le championnat et sept fois la coupe de Belgique et jouera six finales de coupe d'Europe dont la moitié seront remportées.Son coup de maître, avoir fait venir un jeune ailier gauche du FC Bruges à Anderlecht. Il s'appelait Pieter Robert Rensenbrink et, sous le patronyme de « Robby », il allait devenir le joueur le plus extraordinaire de toute l'histoire du RSCA en particulier et du football belge en général. Avoir confié les clés de manager général à Michel Verschueren fut également une idée géniale, Ensemble, Monsieur Constant et Mister Michel écrivirent quelques unes des plus belles pages de l'histoire du club.

En 1996, Roger succéda à son papa. Tâche doublement difficile en regard du palmarès de CVDS et en ayant l'étiquette de « fils de... » !
S'il a réussi à faire mieux que père en étant champion à dix reprises en moins de temps que son auguste prédécesseur, il n'a remporté qu'une seule fois la coupe et, mises à part les campagnes 2000/2001 et 2015/2016, les prestations européennes furent généralement médiocres, voire chaotiques.
Roger VDS demeure un président controversé.
Si certains soulignent le fait d'avoir maintenu la statistique exceptionnelle d'être champion un an sur deux et d'avoir réussi à conserver une certaine aura au club dans un contexte économique de plus en plus difficile pour les petites nations, d'autres, en revanche, estiment qu'il a bénéficié des acquis du visionnaire qu'était son père sans être capable d'avoir donné un nouvel élan au Sporting et d'avoir été incapable d’enrayer l'inexorable dégringolade sur l'échelon européen.
Le remplacement de Michel Verschueren par Herman Van Holsbeeck lui fut vivement reproché, beaucoup estimant que ce dernier n'était pas à la hauteur malgré quelques bon coups comme Suarez, Frutos, Biglia, Jovanvic ou Mbokani.

Le contexte de la revente précipitée du club à Marc Coucke fin 2017 a surpris tout le monde du football belge.
L'arrivée du richissime homme d'affaires surprit tout le monde, mais la satisfaction prit rapidement le pas sur la surprise chez l'immense majorité des supporters.
Marc Coucke allait redonner ses lettres de noblesse à Anderlecht ; grâce à ses millions, nous allions rapidement redevenir des rivaux sérieux du Real du Barça, de la Juve, du Bayern et de Liverpool.
Vous connaissez la suite !!!
Il est trop tôt pour dresser dès à présent un bilan de la courte période durant laquelle Coucke exerça sa présidence, mais j'y reviendrai un jour, c'est certain.

Je voudrais conclure par un élément qui m'a interpellé au moment de rédiger ces lignes : quatre des six présidents du club ont connu une longévité de plus de 20 ans et cumulent ensemble plus de 106 ans de temps passé à la tête du Sporting. Peu de grands clubs peuvent revendiquer une telle stabilité.
Par contre, les règnes des premier et dernier furent extrêmement brefs.
Qu'en sera-t-il de Vandenhaute puisque le nouveau président compte 58 printemps au compteur ?
Nous verrons bien, mais certains signes permettent d'entrevoir des jours meilleurs que les deux années de galère que nous venons de traverser.
Indépendamment de ses qualités de gestionnaire, il est, contrairement à Coucke, un supporter du Sporting dans l'âme et ce n'est banal.

Bonne chance, président et n'oubliez pas que « we are Anderlecht » !

 

 



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