Les humeurs du Bomber. 't is gedaan!

LUNDI, 20 MAI 2024, 15:08 - Bomber
Anderlecht-Online No Image Found

OPINIONS Le 8 mai dernier, j'avais publié une humeur intitulée « Brugge kampioen !».
Loin, très très loin, d'exprimer un souhait, cette accroche un peu provocatrice stigmatisait mes craintes en constatant le parcours exceptionnel des Blauw en zwart depuis le début des playoffs.
Même si le nul arraché par l'Union dans la Venise du Nord nous a rendu l'espoir, force est de constater que mes appréhensions étaient fondées et il ne fallait pas être devin pour le prédire.
 

Soyons honnête, même si l'écrire me donne envie de m'arracher les doigts, c'est mérité.
Mais ! Eh oui, il y a un « mais » !
Les Brugeois ont survolé les playoffs en … champions.
Oui, ils ont eu de la chance à plusieurs reprises.
Oui, à l'inverses des Anderlechtois, ils ont souvent pu compter sur un arbitrage complaisant.
On ne refera pas les matchs ni l'histoire et je ne m'attarderai plus sur ces considérations.
Ce qui me chiffonne par contre, c'est le fait qu'un club qui comptait 19 points de retard sur le premier et 12 sur le deuxième à l'issue de la phase classique du championnat puisse emporter les lauriers. Ceci va totalement à l'encontre des principes fondamentaux d'un championnat et - oserais-je l'ajouter – de l'éthique sportive.
Le vainqueur est celui qui termine à la première place à la fin d'une compétition longue d'une dizaine de mois. C'est celui qui aura été à même de passer le mieux au travers des vicissitudes (méforme, blessures, suspensions,…) de la saison, pas celui qui revient de nulle part pour coiffer sur le fil des adversaires fatigués et/ou déforcés.

Propos de battu, de mauvais perdant ?
Non, car depuis leur instauration en 2009, je n'ai JAMAIS été favorable à ce système créé pour pouvoir tout remettre en question en fin de compétition afin de prolonger artificiellement le suspense et dès lors augmenter les audiences et leurs retombées économiques.
Les cinq dernières minutes de la saison 2022/2023 connurent un dénouement que même le grand Hitchcock ou le plus doué des scénaristes actuels d'Hollywood n'aurait pu imaginer.
Désolé, mais ce n'est pas cela le foot, le vrai. Et le titre plus que probable du club brugeois aura au moins eu l'intérêt de démontrer l'absurdité du système.
J'ai l'impression d'assister à un film de série C où les « bons » finissent par l'emporter dans les cinq dernières minutes alors que tout se liguait contre eux durant les deux heures précédentes. Personne n'y croit vraiment, car tout le monde sait que cela ne se passe pas de la sorte dans la vraie vie.
La différence, c'est que je ne vous raconte pas la fin du dernier Mission impossible ou de La casa de papel, mais le triste dénouement du championnat de Belgique.

J'entends déjà les réactions telles que « tu dirais la même chose si tu étais brugeois », « tu ne fêterais pas le titre » ?
Sans le moindre doute, je réponds que je tiendrais exactement les mêmes propos et que je serais comblé par cette victoire inespérée et … injuste.
De toute façon, avec la thèse qui est la mienne et qui est partagée par beaucoup de vrais amateurs de foot, c'est l'Union qui aurait emporté le trophée.

Pour en venir très brièvement à la rencontre d'hier proprement dite, il n'y a pas eu photo. Bruges était plus fort et la mission devenait impossible (nous y revoilà !) une fois que le Sporting était mené au score. Sans les cadres (Vertonghen, Hazard, Delaney) et avec un Verschaeren fantomatique qui tourne en rond comme les marionnettes de la chanson, un Dreyer qui n'allume plus de missile, un Amuzu à court de compétition et des jeunes un peu cramés par cette trop longue saison, la messe était dite.

J'avais fait allusion à Riemer il y a quelques jours en soulignant qu'un entraineur qui gagne a toujours raison.
Je n'ai jamais joué l'homme et ne comptez pas sur moi pour commencer aujourd'hui, mais nous sommes à l'heure des bilans.
Le gars a montré des qualités humaines manifestes, il a su fédérer des joueurs venant d'horizons multiples, faire cohabiter des jeunes et des gars expérimentés, mais son manque d'expérience comme T1 et ses errements tactiques nous auront compté des points précieux.
Je pense qu'il serait judicieux de lui trouver un successeur qui pourra permettre à l'équipe de progresser tactiquement, mais vous le savez aussi bien que moi, un coach reconnu est impayable pour le Sporting et il faudrait dès lors tabler sur un jeune prometteur avec tout ce que cela implique comme risques de trouver pire que ce cher Brian.
De plus, et c'est la raison pour laquelle j'ai utilisé le conditionnel, je ne vois pas Jesper Fredberg « liquider » son ami Riemer. Il sera aisé de justifier son maintien par le fait qu'il a permis au RSCA de luter pour le titre jusqu'à la dernière journée (c'est rigoureusement exact en théorie) et que finir troisième constitue un exploit après la onzième place de l'année dernière.

Last but not least, indépendamment de l'aspect sportif, il y a les désastreuses conséquences financières. Pour des raisons qu'il est inutile de rappeler, Anderlecht a perdu en quelques années son statut de club le plus riche de Belgique.
Qu'il s'agisse de l'Antwerp, de Gand, de Genk ou de l'Union, nos rivaux ne se portent pas mieux que le Sporting actuel, mais le FC Brugge vogue clairement au-dessus de tous les autres. Empocher les 30 millions promis par la réforme de la Champions league aurait permis de combler quelque peu le fossé et d'envisager un mercato sous de bonnes augures. Au lieu de cela, les Gazelles vont une fois de plus toucher le pactole et il faudra encore compter chaque Euro pour faire son marché estival du côté de Saint Guidon.

Sur ce, je vous laisse durant quelques semaines.
A bientôt pour de nouvelles aventures.
 

Source: © Source interne