INTERVIEWS Le football est parfois plus qu’un jeu. Pour Moussa Ndiaye, défenseur d’Anderlecht, chaque minute sur le terrain est désormais un hommage. Depuis le 17 août, il joue avec une douleur invisible mais profonde : celle de la perte de son petit frère Alpha, décédé tragiquement à Dakar à l’âge de 13 ans.
Ce jour-là, alors qu’Anderlecht s’imposait 0-2 à Dender, Moussa ignorait encore que sa vie venait de basculer. Alpha, son “meilleur ami”, s’était noyé dans les vagues traîtresses d’une plage sénégalaise. “Je n’ai appris la nouvelle qu’après le match. J’ai senti que quelque chose n’allait pas en voyant les messages… Puis j’ai compris. Et j’ai craqué.”
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Continuez à lire Mais le football, ce lien qui les unissait, est devenu refuge. Alpha rêvait de devenir pro, inscrit à l’école ASC Jamono, et ne quittait jamais ses maillots mauves. Aujourd’hui, Moussa joue pour deux. Contre Genk, il portait le prénom de son frère sous son numéro. Le maillot, signé par tous les joueurs, a été envoyé à Dakar pour être encadré.
Anderlecht n’a pas hésité : congé immédiat, soutien total du staff, messages des coéquipiers, chaleur des fans. “Ils ont joué pour moi. Le coach m’a parlé en privé, les supporters m’ont inondé de messages. Même des joueurs de l’équipe nationale m’ont écrit.”
Formé à l’Aspire Academy, passé par le Barça B, Moussa a connu les hauts et les bas du football pro. Mais rien ne l’avait préparé à ce choc. Pourtant, il reste debout. “Je dois être fort pour ma famille. Alpha aurait voulu que je continue.”
Et il continue. Avec rage, avec classe, avec cœur. Dimanche contre le Standard, il sera là, solide, concentré, inspiré. Parce qu’au fond, chaque tacle, chaque sprint, chaque passe est un murmure à son frère : “Je joue pour toi.”