Taravel : “Gagner doit devenir un réflexe”

SAMEDI, 4 AVRIL 2026, 08:54 - purpleketje
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INTERVIEWS Deux mois. C'est tout ce qu'il aura fallu à Jérémy Taravel pour passer de l'ombre à la pleine lumière. De T3 discret à intérimaire surprise, puis à entraîneur principal d'Anderlecht, le Français de 38 ans vit une trajectoire aussi rapide qu'inattendue. Une ascension qu'il accueille avec lucidité, ambition et une franchise qui tranche dans un vestiaire qu'il juge parfois trop poli.

Taravel n'a jamais eu la carrière la plus simple. Son mantra, “Fall seven times, stand up eight”, tatoué sur son mollet, résume une vie de foot faite de blessures lourdes et de résilience. À 17 ans déjà, une grave blessure au genou lui apprend que rien n'est acquis. D'autres suivront. Mais c'est précisément cette capacité à se relever qu'il veut transmettre à ses joueurs : accepter l'erreur, rebondir, et revenir plus fort.

Un passage express vers le rôle de T1

Depuis son intronisation, tout s'est enchaîné à une vitesse folle. La qualification en Coupe sur la pelouse de l'Antwerp, obtenue alors qu'il n'était encore qu'intérimaire, a servi de déclencheur. Mais Taravel le répète : le plus difficile n'est pas de provoquer un électrochoc, c'est de maintenir tout un groupe impliqué. « Tout le monde veut se montrer quand un nouveau coach arrive. Le vrai défi, c'est de garder tout le monde concerné. »

Un entraîneur façonné par ses mentors

Taravel revendique une identité propre, mais il ne cache pas l'influence de ceux qu'il a côtoyés : Frank Vercauteren, pour son calme en toutes circonstances. Peter Maes, pour sa passion brute. Hein Vanhaezebrouck, pour sa rigueur tactique. Francky Dury, pour l'importance de la discipline hors terrain..


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Il échange aussi régulièrement avec Vincent Kompany, via le frère de ce dernier, son ami et agent. Une source d'inspiration, mais pas un modèle à copier.

Un vestiaire trop gentil ?

Taravel ne tourne pas autour du pot : il veut plus de caractère. « Parfois, on est trop gentils entre nous. Ça peut — ça doit — claquer un peu plus dans le vestiaire. »

Il assume aimer les joueurs avec du tempérament, tout en rappelant que certains doivent apprendre à canaliser leurs excès.

La colère froide après Cercle Bruges

S'il y a un match qu'il n'a pas digéré, c'est la défaite contre le Cercle. Non pas pour le résultat, mais pour l'attitude. « On n'a pas joué pour gagner. On n'a pas joué pour faire mal à l'adversaire. Ça, je ne l'accepte pas. »

Pour lui, Anderlecht manque encore d'une vraie culture de la gagne. Une mentalité qu'il veut inculquer au quotidien, à l'entraînement comme en match. Il cite le Bayern Munich, qu'il a affronté avec le Dinamo Zagreb : « Eux, s'ils peuvent en mettre dix, ils en mettent dix. »

Une finale en ligne de mire

Taravel ne se cache pas : il croit fermement qu'Anderlecht peut remporter la Coupe contre l'Union. Il sait aussi que la finale se jouera autant dans les têtes que sur le terrain. « À nous de faire en sorte que les déceptions passées ne pèsent pas. »

Une vie personnelle mise entre parenthèses

Depuis qu'il est T1, Taravel n'a plus vraiment de temps pour lui. Son entraînement pour un hyrox est en pause, et ses rares moments libres sont consacrés à sa famille. Son fils, joueur à l'Union, portera pourtant une écharpe mauve pour la finale. « Il supporte papa. »



Source: HLN