
INTERVIEWS Il y a des soirs où l’on sent tout de suite que quelque chose a changé. Face au PAOK, Anderlecht n’a pas seulement validé sa place en Europe : il a montré une forme de maturité que les supporters attendaient depuis longtemps. Une victoire à l’aller, une autre au retour, et surtout cette impression que le groupe sait désormais où il va.
Giulian Biancone, l’un des visages de cette reconstruction, l’a résumé avec une simplicité qui en dit long : « On a senti dès les premières minutes qu’on était supérieurs. » Pas d’arrogance, juste une conviction collective. Le RSCA a frappé, a reculé un instant, a laissé le PAOK respirer… puis a repris le contrôle. Une équipe qui vacille mais ne tombe plus, qui se corrige sans paniquer, qui avance sans se regarder dans le miroir du passé.
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L’Europe, oui… mais la bonne
La qualification europénne est assurée, mais personne au club ne veut s’en contenter. Le barrage contre Kairat Almaty n’est pas vu comme une formalité, mais comme une opportunité. « On va tout faire pour jouer l’Europa League», insiste Biancone. Le message est clair : ce groupe veut se mesurer à plus grand, à plus fort, à plus exigeant.
Il y a dans cette ambition une forme de fraîcheur. Anderlecht ne se cache plus derrière son histoire, il ne promet plus des lendemains dorés : il travaille, il progresse, il se construit. Et surtout, il récupère — parce que l’Europe demande des jambes autant que des idées.
Dans cette montée en puissance, la relation entre Biancone et Léo Pétrot est devenue un symbole. Deux Français, deux caractères, deux joueurs qui n’ont « pas peur de se gueuler dessus » pour mieux se tirer vers le haut. Une connexion née naturellement, presque instantanément, et qui donne au RSCA une base plus solide que ces dernières saisons.
Mais les deux le savent : Anderlecht concède encore trop. Les clean sheets manquent, les détails coûtent cher. Le chantier n’est pas terminé, et c’est justement ce qui rend cette équipe intéressante : elle ne se ment pas.
Un club qui se relève, un groupe qui se soude
Cette qualification n’est pas un aboutissement. C’est un pas, un signe, une promesse. Anderlecht n’est pas redevenu le géant qu’il fut, mais il n’est plus le club hésitant qu’il a été. Il avance, il se parle, il se corrige, il se projette.
Et dans les yeux de Biancone, dans cette phrase simple — « Bien de la sécuriser, mais on veut l’Europa League » — on lit quelque chose que les Mauve et Blanc n’avaient plus vu depuis longtemps : une ambition qui ne sonne pas creux.
L’Europe est en poche. L’envie, elle, est beaucoup plus grande.
Source: rtbf