
OPINIONS Les Mauves n'ont hélas pas repris en chœur le succès des Chats Sauvages.
En lieu et place, pour la énième fois, nous avons été contraints d'endurer cet insupportable « Vamos a la playa ».
Faut-il pour autant s'en remettre aux Poppies et entonner en chœur que « Rien n'a changé et que tout va continuer » ?
Le Sporting nous a offert un très bel été européen.
Mettre en doute cette assertion serait faire preuve d'une mauvaise foi crasse.
Anderlecht s'est en effet qualifié pour les poules de l'Europa League, de surcroît de fort belle manière. Il y avait si longtemps...
L'opposition n'avait certes rien d'une équipée d'épouvantails en ordre de marche, mais ça, c'est ce qu'on dit trop souvent après avoir vaincu sans discussion.
À priori, la tâche qui attendait les Mauves ressemblait pourtant à une mer à boire.
Peu d'entre nous auraient en effet misé sur issue aussi favorable lorsque fut donné le coup de sifflet final de la défunte saison.
J'avais d'ailleurs émis de sérieux doutes quant à la faiblesse des renforts enregistrés pour aborder un triptyque présumé fatal.
Mea culpa.
Les Suédois rodés d'Hammarby rappelaient le désastre de Häcken de triste mémoire et le PAOK faisait figure d'ogre prêt à nous dévorer façon mezze.
Almaty reste une équipe championne ayant disputé les poules de CL la saison dernière.
Nous n'avions vraiment pas de quoi nous sentir en position de force avant d'embarquer pour ce périple au bout du monde.
Et pourtant, pour paraphraser Hannibal, le plan se déroula sans accroc.
La meute de supporters mauves a ainsi pu se délecter, jusqu'à l'ivresse, de cette magnifique épopée.
Victor Bruno, en bon navigateur portugais, avait mené son bateau à bon port, non sans avoir remis de l'ordre sur le pont ou la baraque, c'est selon.
Il est vrai que Sibierski, grand armateur fraîchement débarqué, avait doté le descendant de Magellan d'une volée de recrues prometteuses troquées contre quelques joyaux.
La joute contre La Louvière trouva elle aussi une fin heureuse grâce au bientôt disparu Bertaccini.
Beveren fut le premier écueil à endommager la carène.
Cette première voie d'eau fut maîtrisée et relativisée par l'accumulation des matchs et le manque de réussite.
Il est vrai que le contenu de la bataille laissait à penser qu'il ne s'agissait que d'un de ces coups du sort dont le football n'est pas avare.
Mais à l'Union, Anderlecht n'a pu confirmer qu'il naviguait de conserve avec les grands de notre royaume.
Comme une brume matinale sur une mer tranquille, l'illusion ne mit en fait qu'une quinzaine de minutes à se dissiper.
Le navire mauve aux trois étoiles et aux voiles gonflées de confiance par les vents européens allait essuyer une tempête lui infligeant tant d'avaries qu'un passage en cale sèche est désormais inévitable.
Les braves que sont Kana et Llansana n'avaient que leur courage à opposer aux violents coups de tabac ; ils sont d'ailleurs passés, comme d'autres, par-dessus bord.
Le tendre moussaillon Nga Kana fut réduit aux fers par l'impitoyable pirate argentin au nom irlandais alors qu'aux avant-postes, Cvetko, peu inspiré, se faisait dévorer par un longiligne géant.
Ambros eut bien quelques beaux gestes et Sikan ne s'avoua jamais vaincu, mais l'embarcation pourpre baissait inexorablement pavillon.
Maamar, dont l'activité est restée exemplaire à tribord, harponnait autant qu'il le pouvait le flanc gauche unioniste, mais faute d'avoir réussi à percer la cuirasse jaune, il devait céder sous les bordées de Guilherme.
Les corsaires français, Biancone et Pétrot, très exposés car trop peu protégés, furent emportés sans ménagement avec leurs compagnons d'infortune.
Coosemans, malchanceux sur le deuxième but, se trouait sur le troisième, il est vrai bien aidé par le sabordage orchestré par Ndiaye.
Augustinsson a, comme souvent, fait ce qu'il a pu, sans décevoir ni briller, avant d'être remplacé à bout de souffle par un touriste qui jouait une valise à la main.
3-0.
Il était temps de mettre le cap sur Saint-Guidon pour procéder à l'inventaire des dégâts et, si possible, au renflouage.
Ce dernier ne pourra se faire sans renforts de poids sur la passerelle centrale.
L'an dernier, le Sporting était déjà juste dans ce secteur et si les ventes de Decat et Saliba ont bien rempli les coffres, elles laissent l'entrejeu dans un état de délabrement sans précédent d'autant que Verschaeren, Hazard et Stroeykens ont aussi quitté le navire.
Imaginer qu'on pouvait remplacer Decat/Saliba (35M) & co par les réservistes bon marché de l'an dernier, aurait tout de même dû susciter un étonnement.
Il ne suffisait pas d'y penser.
Le plus hallucinant, c'est qu'ils n'ont même pas de backup !
C'est bien tout ce que l'on a en magasin pour ces postes vitaux et 3 compétitions.
Santi Garcia devait arriver pour colmater… mais il semble finalement que cela ne se fera pas.
Anderlecht ne peut pas faire l'économie d'un 6, de préférence costaud, (la piste Traoré a été éteinte par les Wolves) sous peine de voir ses bons investissements sombrer dans les profondeurs de l'impuissance.
Amane est aujourd'hui évoqué. 1,75m et 65 kg. Est-ce vraiment la taille patron tant espérée ? Marco Verrati, Biglia et Ngolo Kanté ne sont certes pas plus grands...mais quelques armoires à glace leur ont toujours été associées.
Ce n'est hélas pas tout.
À gauche, Augustinsson est au crépuscule de sa carrière, il est en route pour le bercail. Quant à Ndiaye, tout a été dit sur ses limites défensives, ses errements et ses envies de s'engager dans la marine allemande.
Will Ferry on une aletrnative n'est aujourd'hui plus une option mais une nécessité.
Enfin, en DC, au-delà de la paire Biancone-Pétrot sur laquelle il semble qu'on puisse s'appuyer bien qu'elle ait donné ses premiers signes de fragilité, il semble nécessaire d'ajouter un larron. Le programme sera très chargé. Rofino et Arnau Comas ont été cités.
La leçon, une fois encore répétée par les Unionistes trop heureux de nous l'administrer, est qu'il est nécessaire de disposer d'une puissance athlétique considérable pour exister en JL.
Le foot pro est un sport d'hommes dans la force de l'âge, pas un jeu d'enfants ni une activité pour retraités.
Les esthètes ne pourront s'exprimer que si cette condition est réalisée.
Sibierski a donc encore du pain sur la planche… de salut. Il sait comment mener sa barque.
Tout n'est pas à jeter, loin de là.
Les flancs, la DC et l'attaque sont vraisemblablement mieux armés que ces dernières années.
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