Bruno: "Je n’ai rien à prouver à personne"

DIMANCHE, 8 NOVEMBRE 2026, 19:34 - purpleketje
Anderlecht-Online No Image Found

INTERVIEWS

La détermination se lisait dans le regard de Vitor Bruno au coup de sifflet final. Après le partage décroché sur la pelouse du Club de Bruges (1-1), l’entraîneur d’Anderlecht n’a pas tant voulu commenter le résultat que défendre avec ferveur le travail de son groupe. Dans un contexte où les critiques se sont multipliées ces dernières semaines, le Portugais a livré un plaidoyer passionné en faveur de son projet sportif.



Un point ramené du Jan Breydelstadion n’a rien d’anodin. Certes, Anderlecht n’a pas dominé les débats. Les statistiques témoignent même d’une rencontre largement contrôlée par les Brugeois : une seule véritable occasion du RSCA aucun arrêt à effectuer pour Sommer, un seul corner obtenu et seulement 33 % de possession de balle.

Mais pour Vitor Bruno, ces chiffres importaient peu.

« Oui, je pense que ce point est mérité», a-t-il affirmé avec conviction. « Il faut aussi savoir reconnaître la qualité de l’adversaire. Ce que réalise le Club de Bruges cette saison, notamment en Ligue des champions, est impressionnant. Face à une telle équipe, il faut faire preuve d’humilité, être discipliné tactiquement et parfaitement organisé. »

L’entraîneur anderlechtois a surtout salué l’engagement total de ses joueurs.

« Nous sommes restés ambitieux. Aujourd’hui encore, nous avons montré cette flamme que nous ressentons chaque jour à Neerpede. Voir les garçons se battre avec autant d’intensité était magnifique. La qualité ne se résume pas à la possession ou aux occasions créées. »

Puis Bruno a insisté sur la force collective affichée par son groupe.

« Je suis fier de ce résultat, mais surtout fier de la manière dont mes joueurs travaillent quotidiennement. Aujourd’hui, nous avons joué à 33 et non à 11. Tout le club a participé à cette performance. »

Une réponse aux critiques

Ce match nul représente le troisième résultat positif consécutif pour Anderlecht, après le large succès contre Westerlo (4-1) et la victoire européenne face au RB Salzbourg (2-0).

Une série qui contraste avec l’atmosphère qui régnait encore il y a quelques semaines. Après la lourde défaite 4-0 à Gand, Vitor Bruno avait été publiquement recadré par sa direction. Le CEO Kenneth Bornauw lui reprochait d’« expérimenter trop », tandis que Marc Coucke estimait qu’il était « talentueux, mais encore en manque d’expérience ».

Des déclarations qui auraient pu fragiliser de nombreux entraîneurs. Pas lui.

« Je n’ai rien à prouver à personne», a-t-il lancé avec fermeté. « Seulement à ma femme et à mes enfants. »

Fidèle à son style direct, le technicien portugais refuse de se laisser distraire par les débats extérieurs.

« C’est mon métier et j’en suis passionné. Nous sommes en train de construire quelque chose ici. Nous devons aussi rester réalistes : aujourd’hui, nous ne sommes pas encore au niveau du Club de Bruges. Il ne faut pas tomber dans le romantisme ou vivre dans une illusion. »

La conviction avant tout

Malgré les turbulences et une perception encore fragile autour du Sporting, Vitor Bruno refuse de dévier de sa trajectoire. Son discours est celui d’un entraîneur convaincu que le processus finira par porter ses fruits.

« Cela prendra du temps, mais nous avons la conviction que nous y arriverons. Je crois en ce que nous faisons et je crois en ce dont mes joueurs sont capables. »

À Bruges, Anderlecht n’a peut-être pas livré son match le plus spectaculaire. Mais aux yeux de son entraîneur, ce point vaut davantage qu’un simple résultat : il symbolise la progression d’un groupe qui continue de croire en son projet malgré les vents contraires. Les prochaines semaines diront si ce nul au Jan Breydel marque réellement un tournant dans la saison des Mauve et Blanc.



Source: sporza