
That is the question.
Être ou ne pas être telle est en effet la question que se pose le jeune prince Hamlet dans la célèbre tragédie de Shakespeare.
Ma dernière publication remonte au 3 janvier dernier, soit il y a exactement un mois.
Je pourrais rédiger 10 pages en format A4 pour commenter le mercato, les défaites à Gand et au Standard ainsi que le merveilleux 0-0 contre Dender, mais le vieux supporter que je suis est submergé par un mélange de lassitude, de déception, de dégoût, de rage et de mélancolie.
Être ou ne pas être supporter de ce RSCA version 2026 lorsqu'on a connu le club qui brillait dans toute l'Europe et était redouté par les plus grandes équipes.
Anderlecht a participé à sept finales de coupe d'Europe entre 1970 et 1990.
L'affaire Bosman et l'évolution vers un foot de plus en plus friqué ont obligé le plus grand club de Belgique à revoir ses ambitions au niveau européen.
Il est néanmoins resté le club phare du championnat de Belgique pendant un peu plus de 25 ans, mais depuis le rachat du club en 2017, celui qui était le fleuron du football belge a entamé une descente aux enfers qui fut impossible à enrayer depuis maintenant près de 10 ans.
Pas moins de 14 coachs ont dirigé l'équipe en 8 ans et demi, mais ces changements bien trop répétés n'étaient que le reflet d'une instabilité devenue chronique au sein de la direction du matricule 35.
Ce sont des pages entières que je pourrais noircir si je voulais dresser une liste exhaustive de toutes les erreurs et actes manqués accumulés ces dernières années.
Il y eut le retour porteur d'espoir de Vincent Kompany qui devait certes apprendre son métier de coach, mais qui finira crucifié afin de faire de la place pour Felice Mazzu, un homme bien plus expérimenté qui garantissait un succès immédiat aux yeux de Wouter Vandenhaute.
Il y eut la période danoise durant laquelle quelques vieilles gloires nordiques vinrent relancer leur carrière au Sporting.
Il y eut le jeune gentleman David Hubert, porteur d'espoir, qui dut céder la place à la terreur des Balkans.
Même si ce choix m'a profondément déçu, je pouvais le comprendre dans la mesure où l'objectif était de gagner la coupe de Belgique et de réaliser de bons play-offs.
Dans ces conditions, opter pour un bull dogue à la place d'un chat de salon pouvait éventuellement se justifier, mais…
Ce fut zéro sur toute la ligne et je ne comprendrai donc jamais pourquoi Hasi a été conservé dans ces conditions.
Toute personne un tant soit peu censée savait que ce n'était pas l'homme de la situation et que l'aventure ne durerait pas jusqu'à la fin de la saison.
Il y eut également moult changements dans l'effectif du club. Des joueurs achetés ou prêtés avec plus ou moins de succès, de sinistres inconnus ou des gars qui connurent une certaine renommée, mais qui semblaient avoir complètement perdu leur football.
Je ne pense pas me montrer d'une sévérité excessive en affirmant que le bilan est globalement largement négatif.
Qu'il s'agisse de produits du club ou de transferts entrants, j'éprouve la funeste impression que des éléments de qualité qui pouvaient apporter une plus-value à l'effectif finissent invariablement par perdre leur football comme s'ils étaient victimes d'une malédiction qui plane sur le Lotto Park.
Le pauvre Yari Verscharen me semble en être l'exemple le plus frappant.
Le mercato d'hiver vient de se terminer en eau de boudin. Même si je ne veux certainement pas fusiller un garçon arrivé dans les pires conditions, Sikan ne me paraît pas a priori un tueur de surface et il n'a pas non plus le profil du garçon qui va dribbler 3 ou 4 joueurs pour aller mettre un but.
L'avenir nous dira si cela valait vraiment la peine de remplacer Vasquez par l'Ukrainien.
Les deux départs du dernier jour m'ont réellement attristé.
J'ai lu ci et là sur les réseaux sociaux qu'il ne s'agissait pas de joueurs particulièrement brillants et qu'il serait donc facile de les remplacer.
Je ne partage absolument pas cette vision des choses. Ndiaye est un défenseur doté d'une technique supérieure à la moyenne. Il a certes connu un creux depuis quelques semaines, mais le bourreau des Balkans ne l'a pas épargné alors que, dans le même temps, il faisait preuve d'une extrême mansuétude avec d'autres joueurs.
Étant donné qu'il s'agit d'un prêt sans option d'achat on peut espérer revoir Moussa fouler le gazon du Lotto Park.
L'autre départ, définitif celui-là, concerne le seul joueur capable dans l'effectif actuel de faire basculer une rencontre par un exploit technique ou un but venu de nulle part.
Même s'il lui reste évidemment une grande marge de progression, Nilson Angulo a évolué de manière impressionnante entre la fin de la saison dernière et le début du championnat actuel.
Je n'oublierai jamais les propos d'un ami, qui se reconnaîtra, qui me disait fin de la saison dernière " il y a des joueurs qui font un bon match une semaine et qui sont très mauvais la semaine suivante ; il y en a qui font une très bonne action et qui vont perdre stupidement le ballon sur la phase suivante ; Angulo, lui, est capable d'un geste technique génial immédiatement suivi d'un raté monumental au cours de la même phase".
Certains lui ont reproché un manque de lucidité et de fraîcheur synonymes d'une moins grande efficacité devant le but. Vous pensez vraiment que Robby Rensenbrink serait devenu le meilleur ailier gauche de son temps si son entraîneur l'avait forcé à revenir en défense jusqu'à sa ligne de but ?
Qui remplacera Hasi?
Still? Fink? HVH?
Le Sporting a désespérément besoin d'un entraîneur de haut niveau, mais mettra-t-il la somme suffisante pour acquérir un type renommé et en a-t-il les moyens ?
That is the question !
Et nous voilà revenu à Shakespeare.
J'étais tellement énervé et exaspéré après la rencontre à Sclessin que j'ai rapidement coupé mon smartphone.
J'ai préféré aller boire un verre tranquillement avec mon épouse et lui faire plaisir en l'accompagnant pour aller voir avec elle le film HAMNET.
Même si l'histoire est romancée, elle se fonde sur une réalité historique.
Shakespeare a eu trois enfants dont Hamnet et Judith, un garçon et une fille jumeaux.
Hamnet est décédé à l'âge de 11 ans, probablement victime de la peste et sa disparition aussi brutale que douloureuse a inspiré Shakespeare dans la création de son chef-d'œuvre Hamlet.
Après une après-midi horrible, j'ai donc eu la chance d'assister à un excellent spectacle avec d'excellents acteurs.
TO BE OR NOT TO BE… …THAT'S THE QUESTION!
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