INTERVIEWS - AUTRE La semaine dernière, le Fan Council — un groupe restreint de représentants des supporters (une sélection composée par le Sporting) — s'est réuni avec plusieurs membres du RSCA. Le CEO Kenneth Bornauw, le responsable sportif Tim Borguet(en photo) et le porte-parole Mathias Declercq étaient présents pour représenter le RSC Anderlecht.
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu intégral tel qu'il a été publié sur le site du RSC Anderlecht.
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Continuez à lire FC : Est-ce que nous visons un entraîneur pour le court terme (fin de saison) ou quelqu'un pour le long terme ? Nous ne visons pas un entraîneur qui ne resterait que jusqu'à la fin de la saison. Nous voulons trouver quelqu'un pour le long terme, même si la stabilité chez les entraîneurs principaux en Belgique est un concept assez relatif.
FC : Pourquoi recruter d'abord un entraîneur et ensuite seulement un directeur sportif ? Nous savons que l'idéal serait de faire l'inverse. Mais il est urgent de trouver un bon entraîneur pour cette équipe, qui pourra lui redonner confiance. Et, par extension, de remanier le staff. Le choix d'un directeur sportif est une décision cruciale à long terme, nous devons donc prendre notre temps.
FC : Est-il vrai qu'un entraîneur comme Fink ne voulait pas venir ? Sans entrer dans les détails, il ne faut pas croire tout ce que l'on lit dans la presse. Il y a toujours plusieurs parties impliquées dans les discussions avec les entraîneurs, qui ont parfois intérêt à défendre leur position. Dans le cas de Fink, une partie est vraie, mais une autre partie est absolument fausse.
FC : La question cruciale : comment en est-on arrivé là ? Nous nous souvenons tous de la réunion que nous avons eue ici à la fin de la saison dernière. Nous avions dit que l'équipe devait être prête en septembre, mais elle ne l'était pas. Nous avions immédiatement indiqué qu'Olivier n'était pas à sa place ici. Nous étions d'accord avec l'idée que les jeunes recrues devaient apporter une valeur ajoutée au club, mais qui allons-nous vendre avec une valeur ajoutée, à part peut-être Cvetkovic, qui est encore sur le banc ? Da Costa n'est-il pas simplement un transfert ‘panique' parce que Angulo devait être vendu ? Avec Camara, nous n'avons rien non plus à cause de sa sensibilité aux blessures. Comment en sommes-nous arrivés là ? Lors des précédentes réunions, il a été clairement indiqué que le modèle économique du club impliquait que nous devions en effet recruter de jeunes joueurs présentant une plus-value financière future. Et que certains de ces garçons seraient vendus tôt ou tard quand la bonne offre arriverait. Comme Simic et Angulo. Le défi consiste à trouver l'équilibre entre les performances de l'équipe et la plus-value f financière. Nous sommes dans une meilleure situation financière grâce à ces transferts sortants, mais nous sommes tout à fait conscients que les performances de l'équipe ne sont pas équilibrées. • Nous avons toujours dit qu'il y aurait inévitablement des hauts et des bas avec un noyau jeune. Nous devons corriger cet équilibre l'été prochain. Et nous l'avons déjà ajusté en recrutant quelqu'un comme Diarra, qui a de l'envergure, de l'expérience et des qualités de leader. • Bien sûr, la période de transition - dans laquelle nous sommes encore - entre l'ancienne direction et la nouvelle direction/président/dynamique au sein du conseil d'administration et des actionnaires a également joué un rôle dans la mise en œuvre de tous les plans.
Le cas Nilson Angulo : • Au cours de l'été, il y avait de fortes chances qu'il parte à des conditions ridiculement basses. Après des négociations très difficiles, nous avons finalement conclu un nouveau contrat. Nilson a ensuite bien joué, suscitant beaucoup d'intérêt. Nous avons relevé l'offre reçue cet hiver pour atteindre un montant de transfert intéressant, même impossible à refuser. • Le timing du remplacement de Nilson a aussi joué un rôle. Le marché des transferts au Royaume-Uni a fermé à 20h. Nilson est parti passer des tests à Paris. Nous devions être absolument certains qu'il réussirait ses tests avant de pouvoir activer Da Costa. Nous avons aussi préféré opter pour un prêt avec option plutôt qu'un transfert définitif, afin de ne pas prendre de risque financier important. • Da Costa nous offre une option supplémentaire sur l'aile. N'oubliez pas que des joueurs comme Kanaté, Degreef, Huerta et Dao sont aussi prêts à jouer sur le flanc.
Olivier Renard : • Le profil d'Olivier a été évalué et analysé. Cette évaluation est désormais terminée et c'est pourquoi nous sommes intervenus, car nous avons un autre profil en tête pour construire l'avenir du club. Le timing de cette décision : nous sommes une semaine après le mercato hivernal. Nous avons maintenant créé une dynamique pour prendre les bonnes décisions pour l'avenir, avec le temps nécessaire pour recruter quelqu'un qui préparera le mercato estival. Entre-temps, beaucoup de travail a été accompli en coulisses. Nous avons travaillé dur pour développer l'expertise au sein de l'Académie, le recrutement, la performance, etc. Nous avons trop longtemps négligé ces aspects ces dernières années.
FC : Pourquoi n'y a-t-il pas eu d'intervention avant la trêve hivernale ? Avec l'entraîneur, mais aussi avec le directeur sportif ? Nous constations depuis longtemps que les mercatos n'étaient pas couronnés de succès. Entraîneur : Avant la trêve hivernale, il n'y avait aucune raison d'intervenir. Après les très bons mois d'octobre et novembre, il y a eu un creux en décembre, mais il y a aussi eu pas mal de blessures. Nous étions encore en bonne voie pour atteindre nos objectifs. Directeur sportif: • Kenneth n'a pris ses fonctions qu'à la mi-novembre. Il n'était pas opportun, à l'approche du mercato hivernal, de prendre une décision concernant le directeur sportif. Nous devons également rester opérationnels. De plus, la nouvelle direction voulait donner une chance équitable à Olivier. • On ne peut pas nous reprocher de ne pas oser prendre de décisions. Nous avons pris la décision concernant l'entraîneur principal, et le directeur sportif une semaine après le mercato hivernal. • Nous devons aussi être conscients que le club est/était en pleine transition. Nouveau président, nouveau CEO, nouveaux rapports au sein du conseil d'administration. Ce processus prend du temps pour aligner et mettre en œuvre les visions.
FC : Nous continuons à penser qu'il fallait anticiper plus rapidement. Même avec le coach : Besnik Hasi a été recruté la saison dernière pour les play-offs I et la finale de la coupe. Les deux ont été un échec total. Nous n'étions tout simplement pas prêts pour les barrages européens. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? • Comme discuté lors des réunions précédentes, nous ne sommes pas d'accord sur le fait que nous n'étions pas prêts pour les barrages européens. Presque tous les transferts importants ont été finalisés à temps. Nous étions certainement assez forts pour survivre aux tours préliminaires, mais nous nous sommes fait éliminer de manière honteuse par le neuvième du championnat suédois. • En ce qui concerne l'entraîneur, prolonger le contrat de Besnik Hasi était peut-être un choix prudent, mais nous voulions privilégier la stabilité. Et nous avons maintenant, dans la nouvelle constellation, pu mener un processus beaucoup plus approfondi pour préparer la recherche d'un remplaçant. Et trouver quelqu'un qui corresponde à notre philosophie, qui s'inscrive dans le long terme et qui corresponde au profil recherché (y compris celui du directeur sportif).
FC : Depuis combien de temps savions-nous que Vertonghen allait arrêter ? Personne n'a encore été trouvé pour le remplacer dignement. Il a été important pour le développement de jeunes joueurs, comme c'était le cas avec Zeno. Nous ne le comprenons pas. Il y a peu de joueurs du calibre de Jan Vertonghen qui veulent encore jouer dans le championnat belge et qui sont disponibles. La réalité financière du club est également différente aujourd'hui. Mais nous sommes conscients qu'il y a un manque de leadership. Les joueurs qui ont de l'expérience et pèsent lourdement sur la masse salariale n'apportent aujourd'hui que peu de valeur ajoutée sur le plan sportif. Il y a donc actuellement peu de marge financière pour ajouter un profil de poids. Cela aurait pu être différent si nous nous étions qualifiés pour le football européen. La bonne nouvelle, c'est qu'une partie des contrats lourds expirent cet été, ce qui libérera de la place dans la masse salariale. Nous sommes déjà en train de réformer le département de recrutement et de scouting. Nous ne sommes pas aveugles aux lacunes qui existaient dans ce domaine. Mais tout prend du temps : nous ne pouvons pas aller beaucoup plus vite que nous ne le faisons actuellement.
FC : Le football européen pour la saison prochaine reste-t-elle un objectif incontournable ? Absolument. FC : Quel était le plan derrière le mercato hivernal ? Le mercato hivernal n'est pas le moment idéal pour remanier toute l'équipe. On dépend principalement des joueurs qui sont sur le banc de leur équipe (dans les compétitions G5). Nous pensons que Diarra et Angély peuvent apporter une valeur ajoutée à la défense. Moussa Ndiaye avait quant à lui besoin d'un changement d'environnement, car il ne performait plus au niveau requis. Luis Vazquez est parti en prêt et a été remplacé par Danylo Sikan. Il a marqué cinq buts en seize matches de Ligue des champions et a été impliqué dans une action décisive sur trois. Nous croyons en lui, il faut lui laisser du temps.
FC : Pourquoi Sikan a-t-il été acheté et non prêté ? Il y avait beaucoup d'intérêt pour Sikan, y compris des clubs qui voulaient l'acheter. L'achat était la seule option, sinon nous n'aurions pas pu recruter d'attaquant.
FC : Nous avons un noyau composé de différents directeurs sportifs. Il n'est pas équilibré. Comment allons-nous redresser la situation et comment voulons-nous que le nouvel entraîneur joue ? Tout se passe dans le bon ordre. Un travail approfondi est en cours en coulisses pour que tout le monde - actionnaires, administrateurs, direction, recruteurs - voie les choses sous le même angle. L'ADN d'Anderlecht est traduit en indicateurs de performance clés concrets et mesurables, tant en termes de recrutement, de formation que de philosophie de jeu. Le coach devra adhérer à cette philosophie. En termes d'équilibre au sein du noyau, nous accorderons davantage d'attention à la maturité et à la complémentarité cet été. Cette année, nous avons misé sur de jeunes talents à forte valeur ajoutée dans le futur. Mais nous savons qu'il manque de la maturité. Nous sommes en train de rattraper notre retard en termes du cashflow du club, grâce aux ventes de Simic et Angulo, à la réduction de la masse salariale et à la libération de certains contrats lourds à la fin de la saison.
FC : Les joueurs qui devaient augmenter le niveau (Bertaccini, Sikan, etc.) ne sont actuellement pas à la hauteur. Vont-ils être mis au rebut ? Non. Sikan doit avoir du temps, il a été repéré sur des références très spécifiques. Il a été impliqué dans une action décisive sur trois dans plus de 70 matches. Bertaccini reste un profil précieux qui peut encore nous apporter beaucoup.
FC : Comment vont les joueurs maintenant ? Surtout après le départ de Still ? Il faut bien préciser que c'est Edward qui a choisi de partir. Cela faisait apparemment déjà un certain temps que ça se profilait. Vendredi, Kenneth a été informé qu'il souhaitait partir. Ceci devenait de plus en plus concret, il a été convenu qu'une décision serait prise après le duel de dimanche. Il voulait partir, il a donc remis sa démission. C'est dommage et imprévu. Les joueurs ne débordent pas de confiance, c'est évident. Le club fait tout son possible pour motiver le groupe de joueurs en vue de jeudi, sous la direction de Taravel. L'arrivée de profils tels que Diarra et Sikan, qui ont tous deux une expérience au plus haut niveau, devrait contribuer à renforcer le leadership au sein du groupe.
FC : Sous l'ancienne direction, beaucoup d'expertise à été perdue. Comment allons-nous récupérer ces compétences au sein du club ? En particulier celles de Jean Kindermans ? Il y a effectivement plusieurs postes à remplir. Comme je l'ai déjà dit, nous menons ce processus de manière approfondie et nous voulons absolument faire les bons choix, c'est pourquoi nous allons d'abord nommer l'entraîneur, comme ce choix est le plus urgent. Nous ne pouvons rien dire de concret aujourd'hui sur les noms.
FC : À propos du RSCA Futures : Rits, Foket, Ashimeru qui ont soudainement joué avec les RSCA Futures, ne bloquons-nous pas ainsi de jeunes talents ? Si ces joueurs ont joué en décembre, c'était pour une raison aussi simple que claire : susciter l'intérêt d'autres clubs. Ceci a fonctionné pour Ashimeru, mais malheureusement pas pour les autres, pour diverses raisons.
FC : Pourquoi recruter des joueurs pour les mettre chez les RSCA Futures ? N'est-ce pas bloquer nos propres joueurs de l'Académie ? Il s'agit d'une stratégie délibérée qui porte ses fruits. Si l'on regarde les joueurs qui ont le plus de valeur aujourd'hui, ce sont De Cat, Cvetkovic, Goto et Angulo. Qu'ont ces joueurs en commun ? Ils ont tous joué pendant un certain temps chez les U23, ils ont acquis de l'expérience et ils ont rejoint l'équipe A au bon moment. Sachez que nous avons le plus grand nombre de joueurs issus de l'Académie parmi toutes les équipes U23 de 1B. On fait un bon travail à ce niveau-là. Beaucoup de travail a été accompli au sein de l'Académie et il existe toujours un vivier de talents clair et prometteur.
FC : En parlant de De Cat, quel est le plan avec lui ? Le club souhaite absolument garder Nathan De Cat. Nous voulons donc faire un effort sérieux pour prolonger son contrat. La balle sera dans le camp du joueur. S'il entame cet été sa dernière année de contrat sans prolongation, il faudra réfléchir s'il arrive une offre adéquate. Mais nous sommes tous d'accord pour dire que nous préférons garder Nathan parmi nous.
FC : Pour donner à votre projet une chance à long terme auprès de tous les fans, il faut réfléchir à une stratégie de communication qui présente clairement le projet au plus grand nombre. C'est la seule façon de vous donner le temps de le mettre en œuvre. Le club souhaite s'engager à communiquer les grandes lignes du projet, mais il souhaite attendre l'arrivée du nouveau directeur sportif pour ce faire. Nous pouvons réfléchir ensemble à la manière d'aborder cette question.