
AUTRE Pendant des décennies, Anderlecht a été la référence belge en matière de plus-values : un club capable de former, révéler et revendre au bon moment. Aujourd’hui, les chiffres montrent un recul net : pour 1 euro investi, le club ne récupère que 1,86 euro, loin derrière Genk (2,72) et même l'Union (2,37). Ce n’est pas catastrophique, mais c’est insuffisant pour une formation qui dépend structurellement des transferts pour combler ses déficits.
Une politique sportive qui a changé trop souvent
L’article parut dans HLN met en lumière deux phases très différentes dans la gestion sportive récente.
Phase Kompany → Fredberg : la rupture avec “In Youth We Trust”
L'article continue au-dessous de l'annonce
Résultat : 31 millions d’euros investis, des profils âgés (Hazard, Rits, Schmeichel…), quasi aucune plus-value.
Cette phase a permis de remettre le club sur pied sportivement, mais elle a cassé la dynamique de valorisation qui faisait la force d’Anderlecht.
Phase Renard : retour à la logique de trading
Olivier Renard a tenté de rétablir un modèle plus cohérent : jeunes joueurs, profils étrangers à potentiel, logique de revente.
Il a vendu pour 58 millions d’euros, mais — détail crucial — la majorité des plus-values provenaient de joueurs recrutés avant lui (Dolberg, Angulo, Simic). Autrement dit : Renard a récolté les fruits d’un travail antérieur, sans avoir le temps de voir ses propres paris mûrir.
Son départ rapide montre que le club n’a pas encore trouvé une ligne stable.
Anderlecht ne peut plus se permettre une stratégie hésitante. Dans ce contexte, être “moyen” sur le marché des transferts n’est plus suffisant pour un club de la taille du RSCA.
Le vrai problème : l’absence d’une identité claire
L’analyse de fond est simple : Anderlecht n’a pas manqué de talents, mais de cohérence. Anderlecht a oscillé entre deux philosophies sans jamais aller au bout.
En cinq ans, le club a connu : plusieurs visions sportives, des priorités changeantes, des recrutements contradictoires, des cycles trop courts pour créer de la valeur.
Ce que cela implique pour l’avenir
Pour redevenir une “machine de vente”, Anderlecht devra : stabiliser sa vision sportive, accepter que la valorisation demande du temps, recruter avec une logique claire (profil, âge, potentiel), éviter les ruptures stratégiques tous les 18 mois, mieux articuler performance sportive et trading.
Le RSCA a encore les atouts — image, formation, attractivité — mais il doit retrouver une ligne directrice durable.
Source: HLN