
INTERVIEWS Quelques jours après son licenciement, Olivier Renard a choisi Le Soir pour livrer sa version des faits. Durant plus d’une heure trente, l’ancien directeur sportif d’Anderlecht revient sur ses quinze mois à Neerpede, défend son bilan et dénonce un fonctionnement interne qu’il juge délétère.
Renard affirme avoir rapidement constaté un manque d’unité au sein de la direction anderlechtoise. Selon lui, plusieurs responsables “faisaient cavalier seul”, alimentant la presse de fuites — vraies ou fausses — pour gagner en influence. Il évoque un environnement où “la petite bête” était constamment recherchée, y compris sur des détails comme… sa casquette en tribune.
"J’avais ce sentiment que dès qu’il y avait un souci sportif à Anderlecht, c’était de ma faute"
Un bilan qu’il estime conforme aux objectifs
Face aux critiques, Renard rappelle les objectifs fixés à son arrivée : top 3, rajeunissement, baisse de la masse salariale, joueurs bankables et ambition en Coupe.
Il met en avant : deux finales de Coupe en deux ans, une quatrième place la saison passée et actuelle, près de 60 millions d’euros de ventes, un noyau rajeuni et plusieurs jeunes susceptibles de rapporter plus de 50 millions à terme. "On parle de plus de 100 millions d’euros qui rentreraient dans les caisses du club, ce qui n’est plus arrivé depuis quand ? "
Il regrette que certains tentent de minimiser son rôle dans ces résultats.
Des tensions autour du staff et du vestiaire
Renard décrit une direction qui, selon lui, a attisé les crises plutôt que de les apaiser. Il cite notamment la période suivant la défaite contre Charleroi, marquée par une “propagande interne” contre Besnik Hasi. Il estime également que certains joueurs ont fui leurs responsabilités après le Clasico, en affirmant manquer de qualité.
"Alors que le bateau tanguait, au lieu de calmer les choses, on a soufflé dessus pour que ça bouge encore plus. Et tout ça s’est fait dans le dos des gens."
Décisions prises dans son dos
L’ancien directeur sportif raconte plusieurs épisodes révélant un manque de confiance : licenciement de son responsable du recrutement sans l’avertir, réunions de scouting organisées sans lui, arrivée d’un nouveau responsable apprise dans la presse, et même un cabinet mandaté pour trouver… son propre remplaçant.
"J’apprends dans la presse la signature de David Verwilghen. Vous pensez que c’est une marque de confiance ?
Le mercato et les transferts contestés
Renard se défend d’être l’unique responsable de certains dossiers, comme les arrivées de Sikan ou Coba da Costa. Il explique que les choix ont parfois été dictés par les datas ou par des contraintes internes, et non par ses priorités sportives.
"Anderlecht a décidé d’acheter Danylo Sikan qui, je le pense, est tout de même un bon joueur. Mais dire que c’était mon transfert est erroné, d’autant plus que j’avais proposé deux autres profils en prêt avec option d’achat, mais ils n’ont pas été validés par les datas de David Verwilghen"
Le cas Hasi et la gestion des crises
Il assume la nomination et la prolongation de Besnik Hasi, estimant que le coach répondait aux attentes du RSCA. Il juge que le groupe a parfois abandonné son entraîneur et que la direction n’a pas su envoyer les signaux positifs nécessaires pour stabiliser la situation.
Relations avec Coucke, Verschueren et Bornauw
Renard nie toute animosité directe mais pointe un manque de transparence et des décisions incohérentes. Il raconte notamment une anecdote où un dirigeant lui propose… un directeur sportif, preuve selon lui d’une désorganisation interne.
Et maintenant ?
Renard assure qu’il n’a aucun plan immédiat, mais annonce qu’il sera présent à Genk–Standard “par hasard”, précisant avec humour qu’il portera une casquette.
Source: Le Soir
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