
INTERVIEWS Après son licenciement, Besnik Hasi sort enfin du silence. Dans un long entretien, l’ancien entraîneur d’Anderlecht livre un constat sévère sur la gestion sportive du RSCA, pointe un manque criant d’expertise interne et revient sur les choix qui ont, selon lui, précipité sa chute. Entre regrets, frustrations et amour intact pour le maillot mauve, Hasi déroule une analyse sans concession.
Hasi ne cache pas que son renvoi reste “pénible et difficile”. Anderlecht est “mon club”, répète-t-il, et c’est précisément ce qui rend la rupture plus amère. Il affirme avoir accepté son rôle de “passant”, mais regrette que les promesses de soutien formulées en début de saison aient disparu dès les premières turbulences. Pendant trois semaines, dit-il, plus aucun directeur ne s’est montré lorsque les résultats ont chuté. “Je savais ce qui allait arriver”, confie-t-il, évoquant un mécanisme de licenciement enclenché dès décembre.
Des transferts imposés et une vision sportive floue
Le cœur de sa critique vise la structure sportive, qu’il juge confuse et inexpérimentée. Hasi affirme que les décisions de recrutement lui échappaient totalement. Il confirme n’avoir jamais voulu Danylo Sikan, ni en été ni en hiver. Il souhaitait un défenseur central expérimenté pour encadrer une arrière-garde rajeunie après le départ de Vertonghen. Les pistes Mbemba, Caleta-Car ou Sarr ont échoué, et le Sporting a finalement recruté Ilic et Özcan, deux joueurs “qui devaient encore être formés”.
Pour Hasi, ces choix illustrent un problème plus profond : “Anderlecht doit arrêter d’acheter n’importe qui.” Il dénonce également une utilisation incohérente de la data, brandie comme argument stratégique mais ignorée lors de certains transferts.
Les jeunes comme symboles d’un paradoxe
S’il pointe les incohérences du recrutement, Hasi met en avant trois satisfactions personnelles :
Marco Kana, “écarté” mais redevenu un leader avec la confiance.
Nathan De Cat, talent évident malgré son jeune âge, qu’il juge sous-estimé par la direction.
Luis Angulo, qu’il a convaincu de ne pas partir via la loi ’78 avant d’être vendu 20 millions.
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Une structure sportive à reconstruire
Hasi appelle Anderlecht à se doter de deux ou trois personnes expérimentées, capables de comprendre l’ADN du RSCA et de reconnaître le vrai talent. Il estime que la direction sportive actuelle manque d'expertise dans le foot, un mot qu’il répète comme un mantra. Il regrette aussi de n’avoir jamais été consulté sur des sujets où son expérience aurait pu servir : “Je ne comprends pas qu’on ne m’ait jamais rien demandé. Pas au coach, mais à Besnik.”
Relations internes et frustrations accumulées
S’il dit respecter Olivier Renard, il avoue n’avoir jamais compris la répartition des rôles entre les différents directeurs...Dochy, Borguet, ... Il raconte également avoir conseillé à Lucas Biglia de rester jusqu’à la fin de la saison, regrettant que l’Argentin n’ait “jamais été approché par la direction”.
Une saison en dents de scie et un constat sévère
Hasi reconnaît ses erreurs, notamment l’élimination en Europe, mais estime que la saison aurait été difficile pour n’importe quel entraîneur avec un noyau aussi jeune et déséquilibré. Il va jusqu’à affirmer que si Anderlecht avait joué l’Europe cette année, le club aurait terminé “septième”, incapable d’assumer un calendrier chargé.
Un attachement intact malgré tout
Hasi ne sera pas présent à Malines ce week-end, mais il espère de tout cœur que le RSCA remportera la Coupe de Belgique. Son message final est clair : pour retrouver une stabilité durable, Anderlecht doit revoir sa structure sportive et réinjecter de la compétence dans ses organes décisionnels.
Source: HLN