
SITE - OPINIONS Voici venu le moment où l'on se souhaite une très heureuse année en espérant que tous nos vœux les plus chers seront comblés !
Très franchement, je n'ai jamais adoré ce moment quelque peu suranné au cours duquel les vœux que l'on formule peuvent exprimer des sentiments sincères, mais qui sont surtout un acte conventionnel de politesse qui peut atteindre des sommets d'hypocrisie.
Je ne vous cacherai pas que dans le contexte socio-politique actuel, il m'est difficile d'envisager une année 2026 qui nous comblera tous de bonheur.
Le monde que nous connaissions depuis l'après-guerre est en train de vaciller totalement.
Je ne me risquerai pas à des considérations politiques et sociologiques sur ce site de supporters, mais quelles que soient nos convictions politiques, philosophiques ou religieuses, il me paraît compliqué d'envisager 2026 avec la quiétude d'un sage et un optimisme béat.
Nos certitudes s'effondrent les unes après les autres, les guerres ou guérillas foisonnent un peu partout sur la planète, l'intolérance y sévit de plus en plus, la pauvreté atteint des niveaux inégalés depuis bien longtemps, l'exclusion - quelle qu'en soit la forme ou le contexte - devient banale, nos sociétés sont au bord de l'explosion ou de l'implosion, le climat se dérègle complètement, la guerre est aux portes d'une Europe qui n'a jamais été capable de se fédérer réellement et notre protecteur américain nous a lâché depuis que ce bon vieil oncle Sam a dû céder la place à l'infâme Donald.
Je suis fils d'enseignants et non d'agriculteurs, mais pour moi, une poignée de main et une parole donnée valent plus que n'importe quel document ou contrat signé. Et tant pis si cela semble totalement désuet.
Nous sommes dans un monde où seul compte le pognon et la puissance du fric.
Une personne n'est plus reconnue en fonction de ses actes, mais pour le poids financier qu'elle représente.
Cette même personne pourra être mise au banc de la société et devenir un paria à la première fake news lâchée sur les réseaux sociaux, surtout si cette « info » est agrémentée de photos ou de vidéos créées de toute pièce par l'IA.
Je sais, j'ai déjà rempli les trois quarts d'une page A4 et je n'ai pas encore fait la moindre petite allusion au foot et, à fortiori, à notre club de cœur.
La transition avec ce que je viens d'énoncer est facile : le foot est devenu un business au sein duquel l'argent règne en maître aux dépens de toute considération morale et même sportive.
J'ai souvent évoqué le fait que le monde du ballon rond était un microcosme et un reflet de la société.
Si vous portez un intérêt à cet univers, vous aurez pu constater comme moi que tout a été fait pour qu'un petit noyau de clubs se retrouvent chaque saison aux stades ultimes de la Champions League.
La coupe du monde a élargi le nombre de nations pouvant accéder à la phase finale. Quelle beau geste ampli de bonté et d'humanisme, mais vous pensez réellement que Curaçao, Haïti, le Cap-Vert ou la Jordanie ont une chance de remporter une seule rencontre ? Tout n'est qu'une question de multiplication des matchs et donc de pognon.
Quant au VAR, dont j'attendais l'usage depuis plus de 30 ans, il n'a rien changé fondamentalement. Les interventions des arbitres devant la vidéo manquent à ce point de logique et de cohérence qu'on a l'impression que ce sont des boyscouts confrontés à leur première cuite qui officient et j'en suis arrivé à regretter l'époque où le referee était le seul maître à bord.
Et le Sporting dans tout cela ?
Tout est question de point de vue, selon que l'on considère que le verre est à moitié plein ou à moitié vide.
Figurer à la quatrième place du classement aux deux tiers de la phase classique du championnat et à seulement 7 points du leader n'est pas mal si l'on se réfère aux résultats des dernières années, mais c'est totalement insuffisant au regard du passé prestigieux des Mauves.
Il y eut de grosses déceptions dont la principale fut l'élimination prématurée en coupe d'Europe, mais aussi de bons moments tels que les victoires successives contre Bruges et l'Union ainsi que la qualification en coupe de Belgique aux dépens de Genk.
Cela faisait bien longtemps que nous n'avions plus savouré de tels moments, mais la débâcle à Westerlo et la défaite contre Charleroi à domicile ont gâché notre bonheur.
On peut considérer que Westerlo était un accident de parcours comme il peut en arriver aux meilleurs, mais la prestation contre les Zèbres fut d'une médiocrité affligeante.
La faute à qui ? A Besnik Hasi ?
Je trouvais l'éviction de David Hubert injuste, mais elle pouvait se comprendre dans une certaine optique.
A partir du moment où les objectifs fixés à Hasi n'avaient pas été atteints, je n'ai pas compris pourquoi il avait été prolongé dans ses fonctions et je l'ai clairement exprimé.
Sans être pour autant devenu un fan du coach originaire des Balkans, j'ai revu ma position ces dernières semaines. Certes Hasi ne sera jamais un entraineur de génie, mais je pense qu'avec le soutien de ses adjoints, il arrive à tirer le meilleur de ses joueurs.
Ce groupe manque-t-il de talent ? Oui et non !
Sans être exceptionnel (on n'est plus à l'époque des Suarez, Jovanovic et Mbokani et encore moins des Rensenbrink et Lozano), l'effectif compte des joueurs valables, mais souvent inconstants. Et surtout, l'absence conjuguée de plusieurs éléments affaiblit énormément l'équipe avec les conséquences que nous connaissons.
Suis-je dès lors optimiste ou pessimiste pour la seconde partie de la saison ?
Même si je n'ai pas pour habitude d'apporter des réponses de Normand, je n'oserais pas me livrer à un pronostic.
Avec au moins un renfort en attaque et un gars expérimenté en défense tout en étant relativement épargné par les blessures, on peut encore rêver, mais n'oublions pas qu'il faudra se farcir les déplacements à Gand, Genk, Sclessin, Bruges et Malines.
La manière de passer ces écueils aura vraisemblablement une importance cruciale.
En tout cas, même s'il reste du boulot et qu'il y a eu de grosses déceptions, le RSCA nous aura offert des moments de bonheur que nous ne connaissions plus depuis belle lurette. Il faut remonter à très très loin pour trouver des victoires consécutives face au premier et au deuxième du classement.
Bon, je pensais vous livrer une bafouille de quelques lignes, mais le naturel est encore une fois revenu au galop.
J'en arrive enfin à l'essentiel, vous souhaiter une très heureuse année 2026.
Que vous fassiez partie de mes amis, de mes connaissances ou que nous ne nous soyons jamais croisés, j'espère sincèrement que vous vivrez des moments heureux en 2026.
Et si ! Si le Sporting nous offrait le bonheur suprême en mai ! Allez, j'arrête de rêver.
Quoi que… !
Source: © Source interne