
AUTRE L'agent Christophe Henrotay, l’ex-manager Herman Van Holsbeeck et l’ex-CEO Jo Van Biesbroeck sont poursuivis pour escroquerie et usage de faux dans le cadre de la vente d’Anderlecht fin 2017. Les trois personnes comparaîtront jeudi devant le tribunal. Marc Coucke, qui a racheté le RSCA pour 59,2 millions d’euros, se constitue partie civile.
Presque dix ans après la vente du RSCA, de nouveaux détails révèlent à quel point le RSCA a été balloté entre intérêts privés, commissions faramineuses et jeux d’influence loin de l’esprit Anderlecht. Pour les supporters, ce dossier rappelle surtout une chose : le Sporting a été utilisé comme monnaie d’échange, au détriment de sa stabilité sportive.
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Lors d’une confrontation en 2023, Coucke découvre que Henrotay avait enregistré clandestinement une réunion dans son château de Merelbeke. Henrotay affirme qu’il voulait se “protéger” contre d’éventuelles manipulations.
Le cœur du dossier : le contrat de Leander Dendoncker
Le contrat du joueur aurait été antidaté. Cette manipulation devait permettre à Henrotay de toucher 2 millions d’euros supplémentaires. Selon la justice, cette somme devait être payée par Coucke, et non par l’ancien conseil d’administration. Coucke affirme n’avoir été informé que “partiellement”.
Factures impayées et négociations Coucke–Henrotay
Henrotay avait encore 8 factures ouvertes auprès d’Anderlecht, pour un total de 9,4 millions d’euros. Après négociation, les deux hommes s’accordent sur 7 millions, dont 3 millions sont payés immédiatement. Les 4 millions restants sont toujours en litige.
Un acheteur russe potentiel… sur un superyacht
Avant la vente à Coucke, Henrotay et Van Holsbeeck avaient négocié avec l’oligarque russe Alisher Usmanov, à bord du superyacht Dilbar (750 millions d’euros). Usmanov était prêt à offrir 100 millions d’euros pour Anderlecht. Henrotay aurait touché 6 millions de commission.
L’autre piste : Paul Gheysens (Ghelamco/Antwerp)
Gheysens était également intéressé. Henrotay aurait pu toucher jusqu’à 11,5 millions d’euros via cette vente. Mais Gheysens était politiquement indésirable au sein du RSCA.
Coucke augmente son offre
Pour rester dans la course, Coucke accepte d’augmenter son offre de 5 millions d’euros à la demande de Van Biesbroeck. Il devient finalement l’acquéreur.
Licenciement de Van Holsbeeck et bataille sur les indemnités
Van Holsbeeck, licencié en 2018, réclame 1,7 million d’euros (indemnités + prime de champion). Coucke refuse de payer tant que la procédure judiciaire n’est pas terminée.
Autres irrégularités relevées par la justice
Fausse signature (tampon) sur le contrat de Dendoncker. Bonus jusqu’à 100.000 € versés à certains dirigeants, dont Van Biesbroeck. Le parquet estime que Coucke a été trompé lors de la vente.
Le procès doit déterminer les responsabilités, mais pour les supporters, une chose est claire : le RSC Anderlecht a été malmené par des intérêts personnels qui n’avaient rien à voir avec le football ni avec l’amour du maillot.
Cette affaire rappelle pourquoi la transparence, la stabilité et le respect de l’institution sont essentiels. Le RSCA mérite mieux que des deals opaques et des millions qui s’évaporent loin du terrain. Heureusement, le Sporting d’aujourd’hui avance dans une direction plus saine, mais comprendre ce passé est indispensable pour ne plus jamais revivre ça.
Source: HLN